stage-torchisVous souhaitez apprendre les gestes pour restaurer vous-même du bâti torchis, participez aux journées de découverte pratique autour du patrimoine à pans de bois torchis (torchis, enduit, décoration, etc.), organisées par le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et Maisons Paysannes de France 62, encadrées par un professionnel.
Ces journées, gratuites, s’adressent prioritairement aux habitants du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et aux adhérents de Maisons Paysannes de France 62. Contactez le Parc naturel régional.
D’autres acteurs proposent également des stages sur d’autres territoires (torchis, enduits, dalle en terre, etc.).
N’hésitez pas à les contacter : A Petits Pas, Yser Houck, Matériaux Naturels des Flandres (Peter Steen & Co), entre autres.


Retour sur :

Journée d’initiation à l’enduit terre-chaux dans une ferme en torchis typique du bocage boulonnais

 

Samedi 22 septembre, MPF 62 et le PNRCMO ont organisé une journée d’initiation à la confection et la mise en œuvre d’enduit terre-chaux à Courset. Cette journée a permis de sensibiliser les participants aux techniques traditionnelles, grâce à l’encadrement de Benoît Devin, artisan, et d’aiguiser leur regard sur les spécificités et qualités architecturales d’une maison traditionnelle en torchis.

Ancienne ferme vue depuis la rue
© PNRCMO

Un peu d’histoire

Cette ferme en torchis, située dans un des hameaux en retrait du centre du village de Courset, a été construite en 1855.

En 1825, date de publication de la première matrice cadastrale napoléonienne, le village de Courset se compose de 81 maisons, 1 château, 3 forges et 1 moulin à vent.

A cette époque, la parcelle à usage de pâture, sur laquelle sera construite la maison, appartient à Louis Caron, âgé de 48 ans, ménager et propriétaire dans la même rue du hameau de La Gaverie à Courset. Il a épousé Françoise Mille. Ils ont une fille de 17 ans, Anastasie et 2 garçons, Adrien et Louis, âgés de 12 et 15 ans.

A la mort du père, en 1846, la parcelle revient à sa fille Anastasie, qui vivait dans le village voisin de Doudeauville, au hameau de Course, et qui s’était marié en 1839 avec Pierre Antoine Minet, tonnelier de père en fils.

En 1855, ils construisent cette maison sur la parcelle provenant de l’héritage, mais ne l’habiteront jamais. La maison est imposée sur la base de 5 portes ou fenêtres ordinaires.

Vers 1882, la maison appartient à leur petite fille, Marie-Elisabeth Ficheux qui a épousé un charpentier, François Joseph Alphonse Anquez. Ils habitent la maison à partir de 1891. En 1896, Alphonse, devenu garde champêtre et son épouse Marie, ménagère, partagent le foyer avec leur fils Hilaire, âgé de 3 ans et leurs 3 filles, Angèle, Marthe et Hélène, âgées de 6, 5 et 2 ans.

A partir de 1921, la maison appartient à Elie Melin, domestique en 1890, puis cimentier à Desvres, et Marie Louise Fontaine, de Courset.

Etat du torchis et accompagnement des propriétaires

Il y a quelques années, Séverine et Laurent ont fait l’acquisition, par coup de cœur, de cette petite maison de ménager en pan de bois et torchis, construite en 1855 et située un peu en dehors du centre du village, dans un cadre idyllique.

Le bâti, très représentatif des formes traditionnelles présentes au cœur du bocage boulonnais, se compose du bâtiment d’habitation, dont les fenêtres s’ouvrent au sud-est, et d’un bâtiment à usage d’étables, implanté au nord, en retour d’équerre.

L’habitation comportait trois pièces principales : la pièce de vie/cuisine, dans laquelle on entre par une petite porte basse à imposte vitrée et une chambre attenante de part et d’autre de cette pièce principale. Le four à pain, resté intact, se situe à gauche d’une grosse cheminée à corniche sculptée qui orne la pièce de vie. Sous le même toit, à l’ouest, se trouvait une petite étable, transformée aujourd’hui en cuisine. Un appentis ou « rabattu » occupe tout le long de la façade nord.

Les propriétaires ont constaté quelques désordres qui concernent l’état des enduits et badigeons extérieurs. En effet, de nombreuses réparations d’enduit ont été faites au mortier de ciment, incompatible avec le support en terre à bâtir. Un badigeon avait recouvert et masqué ces réparations.

Déroulement du stage

Lors de cette journée, la douzaine de participants a appris à préparer l’enduit terre qui protège le torchis, se composant de limon argileux, de chaux aérienne, de sables et de paillettes de lin. À partir de terre à bâtir, récoltée à une dizaine de kilomètres du site, Benoît Devin et Frédéric Evard ont accompagné les stagiaires dans la préparation et l’application d’un nouvel enduit de terre.

La terre a été additionnée d’une quantité d’eau minimum pour être transformée en barbotine épaisse au moyen d’un malaxeur électrique. Le mélange a été passé au tamis à larges mailles pour permettre de retenir les graviers s’y trouvant. La terre aurait pu aussi être tamisée, auparavant, à sec, puis transformée en barbotine. Ensuite, la chaux aérienne, les différents sables et les paillettes de lin ont été ajoutés. La difficulté était de garder un mortier de consistance très épaisse pour pouvoir être appliqué sur le mur sans couler.

Pose de l’enduit
© PNRCMO

Dosage

Le mélange a été réalisé de la manière suivante :

Dosage du mortier Quantité en volume
Chaux CL 90 1
Terre à bâtir 1 à 1,5
Sable Sacamat 0/2 1
Sable roux de carrière de la briqueterie Dewulf à Beauvais 2
Paillettes de lin 1 à 1,5

Les propriétaires ont préalablement effectué un ragréage de torchis sur les murs à restaurer, c’est-à-dire sur le pignon nord de l’habitation et sur le mur attenant de la dépendance. L’enduit a ensuite été posé le jour du stage sur une épaisseur de 8 à 15 mm. Une bâche a été installée contre les murs pour protéger l’enduit à la fois de la pluie, du vent et du soleil, afin d’éviter toute fissuration ou dessiccation du mortier (séchage trop rapide qui affaiblit la résistance de l’enduit).

 


Un stage haut en couleurs à Herbinghen

 

Pigments et matériel
© MPF

Le 23 juin dernier, la délégation du Pas-de-Calais de l’association Maisons Paysannes de France (MPF 62) et le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale (PNRCMO) ont organisé une journée de découverte consacrée au badigeon et à la peinture à l’ocre, qui s’est déroulée au manoir de la Motte à Herbinghen.

Douze stagiaires sont venus découvrir, préparer et mettre en œuvre ces deux techniques sur la façade en torchis d’une étable du XVIIe siècle et sur les menuiseries en bois d’une autre dépendance.

Frédéric Evard, architecte, et Stéphane Leduc ont encadré ce stage avec les autres délégués de MPF 62. Les stagiaires se sont répartis en deux ateliers.

Les recettes suivantes ont été appliquées lors de cette journée :

Le badigeon :

Les peintures à la chaux ou laits de chaux sont classées en fonction de leur dilution à l’eau.
On obtient ainsi différentes formules :

Types de laits  de chaux
(Dosage en volume)
Chaulage Badigeon Eau-forte Patine
Chaux en poudre
CL90
1 1 1 1
Eau 1 2 à 3 14 à 16 20
Confection des recettes par les participants
© PNRCMO

Facteurs climatiques :

Pendant leur application, les peintures à la chaux sont sensibles aux variations climatiques (gel, soleil, vent, pluie, humidité). L’exécution du travail doit se faire sous une température extérieure comprise entre 5°C et 30°C. Avant l’application du badigeon, il est nécessaire de protéger la paroi du vent, de la pluie et du soleil, au moyen d’un géotextile placé à quelques dizaines de centimètres de la paroi à badigeonner, pour permettre au support de respirer.

Support à peindre :

Le support doit être propre, dépoussiéré et lavé délicatement à l’eau. Il doit être ensuite humidifié la veille et juste avant l’application pour empêcher l’absorption trop rapide de l’eau contenue dans le badigeon, et risquer d’engendrer le farinage du badigeon. Cependant, il ne faut pas saturer le support d’eau.

Coloration :

La quantité de pigments (terres et ocres naturelles) s’exprime en poids par rapport à la quantité de chaux utilisée et ne doit pas dépasser 25% du poids de la chaux.

Adjuvantation :

Il n’est pas utile d’adjuvanter le mélange quand le support est suffisamment poreux et que le travail est effectué dans de bonnes conditions climatiques. Dans le cas d’un support moyen, ou en situations climatiques défavorables, l’apport d’un liant complémentaire peut s’avérer nécessaire. Là, le mélange a été adjuvanté de sel d’alun de potasse, qui permet une bonne fixation des pigments pendant la durée de la carbonatation.

Pose du badigeon
© PNRCMO

Préparation pour 10m² de mur en badigeon dosé à 1 volume de chaux pour 2,5 volumes d’eau :

Réservez dans un récipient 1 kg de chaux aérienne CL 90, soit en volume, 2 litres de chaux.
Dans un seau (n° 1), réservez la quantité maximum d’eau qui sera nécessaire à l’élaboration du badigeon, soit 2 x 2,5 = 5 litres d’eau.
Dans un autre seau (n° 2), versez un peu d’eau prélevée dans le premier seau et ajoutez quelques gouttes de savon noir liquide (ou de produit à vaisselle), puis la chaux et malaxez mécaniquement pour obtenir une pâte épaisse et liquide. Rajoutez de l’eau si besoin.
Incorporez l’adjuvant, si nécessaire.
Pour rendre le badigeon au relief plus cordé, nous avons ajouté du blanc de Meudon (5 à 10 % du poids de chaux).
Mélangez les pigments dans un récipient avec un peu d’eau et quelques gouttes de savon liquide, puis malaxez bien afin d’obtenir une pâte lisse et épaisse. Délayez progressivement le mélange pour permettre de verser la préparation dans la chaux. Rincez le récipient avec de l’eau et ajoutez-la à la préparation pour ne pas perdre les restes de pigments.
Malaxez au mélangeur électrique et rajoutez le reste d’eau du seau n° 1 pour obtenir la consistance voulue.

Pour colorer le badigeon appliqué sur l’étable d’Herbinghen, nous avons incorporé 5% de terre de Sienne naturelle et 5% d’ocre jaune n° 3010, par kilo de chaux.

Mise en oeuvre du badigeon :

Il convient d’utiliser une brosse à badigeon en poils de soie naturelle, qui retient bien le liquide.
La couche est appliquée couvrante, sans être tirée comme on le ferait avec de la peinture. Le passage se fait sans insistance et sans surcharger, en terminant par une passe verticale.

Mise en peinture de la porte en bois après préparation
© PNRCMO

La peinture à l’ocre :

Cette journée de découverte a été préparée à partir des recommandations et recettes de l’association Terres et Couleurs.
La peinture à l’ocre, ou peinture suédoise, est une peinture écologique destinée à être appliquée sur des bois bruts, même extérieurs.

Ingrédients (pour 5 kg de peinture, soit environ 15m²) :

– 3,2 litres d’eau
– 260 g de farine de blé ou de seigle
– 1 kg de terre colorante
– 100 g de sulfate de fer
– 0,4 litre d’huile de lin
– 4 cl de savon liquide

Mode d’emploi :

Portez 3 litres d’eau à ébullition.
Diluez la farine dans 20 cl d’eau, et versez-la dans l’eau bouillante.
Laissez cuire en mélangeant pendant 15 minutes.
Ajoutez le pigment et le sulfate de fer.
Poursuivre la cuisson en continuant de mélanger pendant encore 15 minutes.
Ajoutez l’huile de lin.
Prolongez encore la cuisson de 15 minutes, tout en mélangeant.
Ajoutez le savon pour favoriser l’émulsion de l’huile de lin.
Laissez refroidir avant l’application.

Fabrication et application de la peinture à l’ocre
© PNRCMO

Application :

Lavez et brossez les bois et enlevez toute ancienne peinture. La peinture à l’ocre s’applique, de préférence, sur des bois bruts. La première couche peut être diluée avec 10 ou 15% d’eau.
Généralement, deux couches de peinture suffisent ; la seconde est appliquée quelques heures après la première.
On peut remplacer le sulfate de fer, qui altère certaines couleurs, par du sulfate de zinc.

Les participants ont pu préparer de la peinture avec un coloris de leur choix et découvrir la large palette offerte par les pigments naturels.

Nichoirs à oiseaux peints selon l’envie des participants
© PNRCMO

 


De la brique de terre crue à la Maison du Parc

 

Remplissage du moule en bois
© PNRCMO

Samedi 15 septembre à Le Wast, le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale (PNRCMO) et Maisons Paysannes de France, délégation 62, (MPF 62) ont proposé une journée de  fabrication de briques de terre crue lors de laquelle patrimoine et technique contemporaine d’écoconstruction ont tissé des liens étroits.

La vingtaine de participants, guidée par Benoît Devin, artisan, et Marie-Christine Geib-Munier de MPF, a été sensibilisée à l’utilisation de la ressource locale, via la préparation de la terre du site. Plus de 300 briques ont ainsi été produites, séchées et stockées sur place ; elles seront mises en œuvre dans le cadre d’un projet spécifique au sein de la Maison du PNRCMO, basée à Le Wast.

La brique de terre crue moulée, également appelée adobe, est une technique de construction très répandue dans le sud-ouest de la France. Localement, elle a été observée, de manière assez rare, dans des murs intérieurs.

La Maison du Parc deviendra bientôt un pôle de référence de l’écoconstruction et des écomatériaux, véritable lieu ressource sur les innovations en la matière et vitrine de la mise en œuvre de ces techniques.

Production de la journée
© PNRCMO

 


Les journées de découverte de la terre crue

 

© PNR des Caps et Marais d’Opale

Deux journées de pratique ont réuni une quinzaine de participants souhaitant se familiariser avec le torchis et la terre crue, chez un particulier à Questrecques. Celles-ci ont permis d’aborder différentes thématiques liées à l’utilisation de la terre : pose d’un enduit de protection à base de terre crue et paille de lin sur une façade extérieure, puis badigeon à la chaux, mais aussi construction d’une paroi intérieure en torchis allégé et pose d’un enduit intérieur en terre crue et copeaux de bois.

Encadrés par un artisan spécialisé dans le patrimoine en terre, guidés par des représentants de Maisons Paysannes de France – délégation du Pas-de-Calais (Christophe Vidor et Stéphane Leduc) et du Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale, les participants sont intervenus sur un bâtiment ancien, dans une ambiance conviviale et sous le soleil. Willy Flour, conseiller Info Energie, était également présent afin d’évoquer les possibilités d’isolation dans les maisons en torchis.

Ces journées ont permis aussi aux participants de discuter de leurs projets et d’échanger astuces et conseils pour réussir leurs travaux.

Autres stages possibles en région. Consultez les sites des associations A Petits Pas, Yser Houck et Entreprise Matériaux naturels des Flandres.

 


Formation « Enduits terre »

Approche manuelle et mécanisée, en restauration conventionnelle

 

Douze professionnels de profils variés (salariés et chefs d’entreprises du bâtiment, architectes, bureaux d’études), sensibles à la restauration/réhabilitation respectueuse du bâti traditionnel, ont suivi cette formation, mise en place les 26/27 janvier et 16/17 février 2017 au Centre des Apprentis d’Auteuil de Loos-en-Gohelle, en partenariat avec le CD2E et animée par Luc Van Nieuwenhuyze.

Les questions de compréhension physique du matériau, du contexte réglementaire, des sources d’approvisionnement notamment, ont été abordées. Les participants ont également pu, en plus de la pose classique d’enduit et le travail de finition, pratiquer l’application mécanisée des enduits avec une projeteuse et étudier l’application des enduits terre sur un habitat ancien typique du patrimoine minier.

© CAPEB 62
© CAPEB 62